En préparation donc, "Un pays de rêves", un one shot, dont je vous livre ici la note d'intention. N'hésitez pas à me dire ce que vous pouvez en penser et si cela vous semble compréhensible. La note d'intention est un exercice difficile dans lequel je n'excelle pas vraiment.
En résumé :
Elikia et Kodjo sont deux jeunes hommes rescapés du génocide rwandais. Etablis depuis peu à Pointe Noire, au Congo, Elikia travaille comme apprenti chez un maître tailleur de quartier tandis que Kodjo vit de petits expédients. Tous deux partagent le même rêve : partir, quitter l’Afrique qui leur rappelle trop de mauvais souvenirs, émigrer en France.
Un soir, ils s’embarquent clandestinement à bord d’un cargo pour une traversée périlleuse avec, en ligne de mire, ce pays de rêves. Mais la frontière est parfois mince entre le plus beau des rêves et le plus sombre des cauchemars…
Les intentions de l’auteur :
A travers l’histoire d’Elikia et de Kodjo, ce projet (one shot) tente modestement de comprendre comment et pourquoi nombres de jeunes africains n’hésitent pas à risquer leur vie afin d’atteindre l’Eldorado français. Ce pays légendaire où, dit-on, on vous donne de l’argent sans que vous n’ayez rien à faire, où la réussite sourit aux audacieux, est apte à susciter l’envie de gens qui n’ont souvent rien à perdre. Et aucun danger n’est assez insurmontable pour ceux-ci. Mais au-delà de ces rêves se cache une réalité beaucoup moins idyllique et c’est ce que vont découvrir à leurs dépens les héros de cette histoire.
Afin d’illustrer les rêves de tous ces immigrants, l’essentiel de l’action se passera justement dans un rêve. Celui que fait Elikia alors qu’il est toujours à bord du cargo qui doit le faire passer en France. Un de ces rêves qui nous semblent si réels qu’ils nous laissent, au réveil, déroutés. Mais un rêve tout de même, avec ses incohérences et sa part de fantasmes. Le dessinateur aura d’ailleurs la tache de faire transparaître l’idée de ce rêve à travers des incohérences visuelles (par exemple, au niveau de l’architecture de certains monuments ou bâtiments parisiens) tandis que le scénariste s’attèlera à ignorer certains aspects bien réels de la société française, notamment celle qui a trait aux problèmes d’immigration.
Bien que rêvée, l’aventure d’Elikia intègre une part de réalité, fruit de ce qu’il a pu entendre sur la France. C’est un jeune homme qui a les pieds sur terre et sait d’expérience que la vie n’est pas toujours exempte de problèmes. Notamment quand on a pour compagnon un Kodjo. Entre nos deux héros existent des liens indéfectibles qui transcendent ceux de la famille ; ils ont affronté certaines choses que peu de personnes auraient supportées et c’est grâce à la solidarité qui les unit qu’ils ont pu s’en sortir. Pourtant, leur antagonisme est on ne peut plus, frappant : autant Elikia compte sur son honnêteté et son travail pour réussir, autant Kodjo aime l’argent facile et ne recule devant aucune bassesse pour l’obtenir. En cela, ils constituent d’une façon un peu caricaturale, deux des aspects de l’immigration en France ; du moins telle que nous pouvons la percevoir…
Au final, lorsqu’Elikia émergera de son rêve, il sera alors temps de se rendre compte que la réalité peut être cruelle et ne laisser aucune chance à une aventure, fut-elle malgré tout des plus plausibles...