jeudi 27 septembre 2007

Où est donc passé notre « french flair » ?

Alors que le dernier match de poule contre la Géorgie s'annonce, le passionné de rugby que je suis a envie de dresser un bilan de cette première phase de la coupe du monde de nos petits bleus (qualificatifs plein de tendresse car ils sont loin d'être petits, ne serait ce que pas la taille… ;)). Dire qu'ils ne m'ont pas convaincu serait un euphémisme. J'ai l'impression qu'à trop vouloir rivaliser avec les équipes de l'hémisphère sud (et l'équipe anglaise de la coupe du monde de 2003), on a trop insisté sur une préparation physique – nécessaire malgré tout – au détriment de ce qui faisait l'âme de notre jeu « à la française ». Certes, notre équipe possède une défense exemplaire, une arme qui constitua le principal des atouts de l'Australie et de l'Angleterre lors des deux dernières coupes du monde ; certes, elle est beaucoup plus disciplinée que par le passé (un temps où elle était incapable de ne pas faire des fautes bêtes à 30 m face à ses poteaux) ; mais ce qui faisait à mon sens sa plus grande force, cette capacité à se transcender, cette aptitude à créer des phases de jeu époustouflantes, cet instinct qui faisait peur aux plus grandes équipes car elles savaient notre équipe capable de renverser n'importe quel situation sur quelques coups de génie semble avoir disparu. Je le concède, il y a parfois encore des instants de grâce comme, par exemple contre l'Irlande, ce coup de patte de Michalak qui envoie Vincent Clerc à l'essai. Mais j'ai peur que ces petits sursauts d'orgueil ne fassent pas le poids lorsque nous commencerons à rencontrer les grandes équipes. En dehors de ces considérations, je m'interroge également sur les choix de Bernard Laporte. Pourquoi ne pas titulariser Sébastien Chabal au détriment d'un Vincent Pelous vieillissant (car ne vous y trompez pas, Laporte aurait titularisé ce dernier si il n'avait pas été blessé) ? Chabal constitue une arme de dissuasion à lui seul. Les autres équipes redoutent ce monstre de muscle et d'explosivité. Le rugby est un sport où la psychologie est importante. Quand vous mettez un Chabal dans une équipe, cela signifie : « Je vais vous rentrer dedans et vous marcher dessus. Et rien ne pourra m'arrêter… ». L'impact au niveau de la conscience adverse est beaucoup moins important quand vous lui laissez entendre : « A partir de la 60ème minute, je vais vous rentrer dedans et vous marcher dessus… ». Autre point de litige entre notre futur secrétaire d'état aux sports et à la jeunesse et le petit scribouillard que je suis : Pourquoi titulariser Raphaël Ibanez ? Une fois encore, ce grand joueur manque de l'explosivité qui fut sa force dans le passé. Alors que Sharjevsky (désolé si j'écorche un peu son nom au niveau de l'orthographe) semble emporter avec lui eu moins trois adversaires sur plusieurs mètres chaque fois qu'il « va péter ». Alors oui, il faut des cadres dans une équipe, des gens aptes à canaliser les plus jeunes et à insuffler une forme de maturité. Mais cela ne doit pas se faire au détriment de l'efficacité dans le jeu.

En 1998, Aimé Jacquet a mené l'équipe de France de football à la victoire et ce, alors que tout le monde lui prédisait l'échec et critiquait ses choix. C'est un comportement tout à fait français de conspuer ainsi ses équipes sportives ou de se croire plus intelligent que le sélectionneur en titre. Je ne fais pas exception à la règle… ;) Et, très franchement, j'espère avoir tort ; j'espère que d'ici quelques semaines, nos joueurs soulèveront la coupe du monde mais je ne parviens pas à m'en convaincre. Il est plus facile de douter, comme cela, on sera moins déçu si les choses ne se passent pas comme on aurait voulu. Mais une question se fait récurrente et résonne au creux de mes petites oreilles : Mais où est donc passé le « french flair » ?

1 commentaire:

a.dan a dit…

Il est là ce french flair, en filigranne, avec la triplette arrière toulousaine et une charnière osée mais fébrile du pied qu'est Michalak. Le XV a aussi des "costaud" avec Nallet, Thion et Chabal voir même Dussotoir et Bonnaire imbattable en touche. Dominici aussi fit longtemps parti des joueurs au french-flair mais je suis comme toi je déplore cette tendance au physique absolu et aux défenses de fer qui stérilisent du coup l'envie d'étincelles qui ont tjs fait le rugby "à la française". Je te fais le pari qu'avec l'équipe de "costauds" alignés contre la georgie, ce va être un tout petit match. Gagné oui mais pour le bonus j'ai des doutes. Quant aux All-Blacks, Jean Pierre Rives disait il y a peu: "si on est capable de me donner le prochain tiercé gagnant dans l'ordre je veux bien dire que les All-Black remporteront leur quart ;)!!!"

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