dimanche 9 mars 2008

Nouveau projet - Un pays de rêves

Pas de complexes. A l'instar de Benjamin Leduc qui m'a dit qu'il le faisait de plus en plus, je vais envoyer quelques scénarios sans dessinateurs aux éditeurs.
En préparation donc, "Un pays de rêves", un one shot, dont je vous livre ici la note d'intention. N'hésitez pas à me dire ce que vous pouvez en penser et si cela vous semble compréhensible. La note d'intention est un exercice difficile dans lequel je n'excelle pas vraiment.

En résumé :

Elikia et Kodjo sont deux jeunes hommes rescapés du génocide rwandais. Etablis depuis peu à Pointe Noire, au Congo, Elikia travaille comme apprenti chez un maître tailleur de quartier tandis que Kodjo vit de petits expédients. Tous deux partagent le même rêve : partir, quitter l’Afrique qui leur rappelle trop de mauvais souvenirs, émigrer en France.

Un soir, ils s’embarquent clandestinement à bord d’un cargo pour une traversée périlleuse avec, en ligne de mire, ce pays de rêves. Mais la frontière est parfois mince entre le plus beau des rêves et le plus sombre des cauchemars…

Les intentions de l’auteur :

A travers l’histoire d’Elikia et de Kodjo, ce projet (one shot) tente modestement de comprendre comment et pourquoi nombres de jeunes africains n’hésitent pas à risquer leur vie afin d’atteindre l’Eldorado français. Ce pays légendaire où, dit-on, on vous donne de l’argent sans que vous n’ayez rien à faire, où la réussite sourit aux audacieux, est apte à susciter l’envie de gens qui n’ont souvent rien à perdre. Et aucun danger n’est assez insurmontable pour ceux-ci. Mais au-delà de ces rêves se cache une réalité beaucoup moins idyllique et c’est ce que vont découvrir à leurs dépens les héros de cette histoire.

Afin d’illustrer les rêves de tous ces immigrants, l’essentiel de l’action se passera justement dans un rêve. Celui que fait Elikia alors qu’il est toujours à bord du cargo qui doit le faire passer en France. Un de ces rêves qui nous semblent si réels qu’ils nous laissent, au réveil, déroutés. Mais un rêve tout de même, avec ses incohérences et sa part de fantasmes. Le dessinateur aura d’ailleurs la tache de faire transparaître l’idée de ce rêve à travers des incohérences visuelles (par exemple, au niveau de l’architecture de certains monuments ou bâtiments parisiens) tandis que le scénariste s’attèlera à ignorer certains aspects bien réels de la société française, notamment celle qui a trait aux problèmes d’immigration.

Bien que rêvée, l’aventure d’Elikia intègre une part de réalité, fruit de ce qu’il a pu entendre sur la France. C’est un jeune homme qui a les pieds sur terre et sait d’expérience que la vie n’est pas toujours exempte de problèmes. Notamment quand on a pour compagnon un Kodjo. Entre nos deux héros existent des liens indéfectibles qui transcendent ceux de la famille ; ils ont affronté certaines choses que peu de personnes auraient supportées et c’est grâce à la solidarité qui les unit qu’ils ont pu s’en sortir. Pourtant, leur antagonisme est on ne peut plus, frappant : autant Elikia compte sur son honnêteté et son travail pour réussir, autant Kodjo aime l’argent facile et ne recule devant aucune bassesse pour l’obtenir. En cela, ils constituent d’une façon un peu caricaturale, deux des aspects de l’immigration en France ; du moins telle que nous pouvons la percevoir…

Au final, lorsqu’Elikia émergera de son rêve, il sera alors temps de se rendre compte que la réalité peut être cruelle et ne laisser aucune chance à une aventure, fut-elle malgré tout des plus plausibles...

8 commentaires:

leduc a dit…

C'est surtout le nouveau scénariste de ADAN, laurent Galandon qui fonctionne comme ça... Et ça marche fort pour lui.

Concernant le Petit résumé, pour moi, il est nickel.

Pour la note d'intention, j'enlèverai le mot "modestement" (même si tu le penses, pas obliger de le mettre)

Je supprimerai également la dernière phrase du 3eme chapitre.

Pour ma part, je pousserai le concept plus loin, en montrant aussi le rêve de Kodjo.

Pour un tel sujet, sauf si tu trouves beaucoup de docs (je crois que France2 en avait fait un excellent dans Envoyé Spécial) et de témoignages, il serait pas mal d'avoir le point de vue de plusieurs africains. Si tu veux, j'ai un pote/dessinateur Camerounais (Achille Nzoda)qui pourrais te parler de son expérience et te donner son point de vue.

@+

Edouard Chevais-Deighton a dit…

Merci Ben pour ce commentaire, je commençais à me demander si ce que j'avais écrit était à ce point insipide que personne n'osait me le dire.
- Tu as raison, je vais enlever "modestement".
- La dernière phrase du troisième paragraphe. Oui, je pense pouvoir comprendre pourquoi tu me conseilles cela. Pourtant, ce n'est pas faire preuve d'une forme de racisme que de dire que l'immigration en France revêt parfois des aspects loin d'être appréciables. Non ? (j'attends le commentaire de notre ami a.dan à ce propos... ;))
- Pour ton ami dessinateur, oui pourquoi pas ? J'ai moi-même fait lire ce scénario à Ezzat, un dessinateur camerounais qui m'a dit qu'il le pensait très juste au niveau des aspirations et des sentiments que les candidats à l'immigration peuvent nourrir à l'égard de la France. Mais tu as raison, il me faudra pas mal de documentation donc je suis preneur pour en parler avec Achile Nzoda.
Encore merci !

AS a dit…

Si si je comment ! Mais c'est vrai que j'ai toujours peu de choses à dire même si je trouve ça très intéressant. Il faudrait que je te demande des conseils sur la structure du scénario sur lequel je travaille d'ailleurs, on sent que les histoires sont entièrement claires dans ta tête, ça m'impressionne :)

a.dan a dit…

Tu as raison Ed, cette phrase m'a fait tiquer au début mais bon, j'ai compris ce que tu voulais dire. Je dirais plutôt que face aux difficultés de la vie, qu'on soit africain, martien, banlieusard parisien ou pecnot comme moi au fin fond de sa cambrouze, les solutions pour s'en sortir sont multiples et certaines sont surement plus honnêtes que d'autres, ou moins faciles.

De là à dire que cela peut résumer les deux extrêmes de l'immigration, je suis moins d'accord ;)

Edouard Chevais-Deighton a dit…

Oui, tu as raison a.dan, mais c'est pour cela que je signalais le côté un peu caricatural de ma démarche (pas forcément d'ailleurs la meilleure façon de procéder, je te le concède) et que je note "deux DES aspects". Je me suis attelé à montrer les extrêmes.
Maintenant, je refuse le politiquement correct qui consiste à dire : l'immigration en France est une chose merveilleuse qu'il faut soutenir. Je comprends ceux qui tentent de s'y établir et je compatis au fait qu'ils ne puissent se construire dans une Afrique exsangue par les conflits et la corruption ; je pense d'ailleurs que je ferais de même si j'étais à leur place ; en revanche, je m'insurge contre ceux qui bafouent nos lois. D'ailleurs, qu'ils soient immigrants, banlieusards, pecnots ou même martiens (avec une haine particulière pour ces derniers... ;) ).

AS : No problémo ! Fais passer mais ce que j'ai vu sur ton blog me laisse penser que tu manques simplement de confiance en toi. La structure narrative est bonne. Pour ce qui est de la note d'intention, je pense que je fais comme tous les scénariste, c'est la dernière chose que j'écris dans le projet. C'est un peu comme les dissertations, on a tous appris à en écrire l'introduction en dernier... ;)

AS a dit…

Je faisais même le plan "après" avoir écrit la rédaction !
Allez tu as raison je vais me faire confiance !

PtitDav a dit…

L'immigration et le rève (le fantasmagorique), deux thèmes croisés qui me font penser au chef d'oeuvre de Shaun Tan "Là où vont nos pères" (récompenser à Angoulème et c'est bien normal).

L'immigration un thème qui peut être traité de tellement de manières différentes et qui malgré ca restera un sujet inépuisable .Enfin je trouve la facon dont tu l'abordes et très intéressante.
Pour ta note d'intention, elle a le mérite d'être claire et explicite bien ce que tu veux mettre en avant.

Moi aussi j'ai accroché à "modestement", attention être trop modeste, tue la modestie ;-)

Edouard Chevais-Deighton a dit…

Le "modeste" a été définitivement rayé de cette note.
Par ailleurs, après réflexion, j'ai également modifié la partie relative aux "aspects de l'immigration".
Merci à chacun d'entre vous pour vos commentaires qui me font avancer... :)

ClickComments